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Dédicace "Si Crécy m'était conté" le samedi 21 octobre

Nous recevons José Navarre et Jean-Marie André samedi 21 octobre à 14h30 autour de leur livre sur Crécy-la-Chapelle. Venez nombreux à leur rencontre !


Le tant attendu « Si Crécy m’était conté, Petites histoires créçoises » par Jean-Marie André et José Navarre est arrivé à la librairie. Une mine d’or, d’informations historiques et de photographies de notre ville !


Venez acheter votre exemplaire à la librairie




Partage d'un texte à propos de Gaston Leroux, romancier de la vallée : "La presse de la Belle Epoque, nationale ou locale, est une source d’information qui réserve de belles surprises. Il y a de quoi en écrire tout un livre. C’est en cherchant dans ces journaux des nouvelles capables de nous surprendre et de nous en apprendre de belles sur notre coin de vallée, que j’ai découvert au fil des éditos d’un grand quotidien français, les articles inégalables de Gaston Leroux. Je vous parle bien de Gaston LEROUX, celui qui fut appelé, le Roi du mystère, le Conan Doyle français, … un sacré Monsieur. D’abord avocat, Gaston Leroux se consacra rapidement au journalisme, devenant en quelques années reporter réputé, puis grand reporter du quotidien parisien « Le Matin » (un des plus gros tirages de la presse de l’époque). Ce poste l’amena à suivre des affaires judiciaires importantes, comme l’affaire Dreyfus. Il était aux côtés de F. Labori, l’avocat de Dreyfus quand ce dernier fut assassiné en pleine rue par un illuminé, lors du procès en révision de Rennes. Comme grand reporter et correspondant du Matin en Russie, il était souvent dans les pas du tsar Nicolas II. Naturellement le journaliste se transforma en écrivain. Pour ceux qui les auraient oubliés voici le rappel de quelques titres connus du romancier • Le Fantôme de l’Opéra : œuvre mondialement connue grâce notamment à la comédie musicale de Andrew Lloyd Webber qui en a été inspirée : « the Phantom of the Opera », jouée en permanence à Londres depuis 1985 sans interruption, • Le Mystère de la chambre jaune, son premier Rouletabille (qui inspira « Tintin » à Hergé), best-seller des romans policiers du début du XXe siècle qui fit comparer Leroux à Conan Doyle, • Les nombreuses aventures du bagnard Chéri Bibi, • La Double vie de Théophraste Longuet : un petit-bourgeois qui de temps en temps se réincarne dans la peau de Cartouche, croise le peuple des Talpa au fond des catacombes parisiennes, et passe ses fins de semaines dans sa maison d’Esbly pour taquiner le poisson dans la Marne ou prendre le thé avec le percepteur de Crécy et la postière de Villiers… • Un Homme dans la nuit : dont l’action se déroule en grande partie au milieu du bois de Misère à Villiers et dans une fameuse « auberge rouge », Les deux derniers ouvrages cités nous permettent de revenir à notre coin de pays qui sert de toile de fond de ces romans. Mais il existe de nombreux autres écrits de Gaston LEROUX, s’inspirant de notre vallée, de ses paysages, de ses charmes, de ses habitants. Ils montrent à quel point le journaliste, s’était intéressé et attaché à la région. Pourtant quelle trace de Gaston subsiste-t-elle dans la mémoire collective locale ? J’ai eu beau chercher, à peu près rien ! Autant les dépliants touristiques vantent la présence d’écrivains presque inconnus, d’acteurs de second plan jamais je n’ai trouvé de référence à l’auteur du fantôme de l’Opéra ! Fantôme de notre mémoire. C’est à Villiers que Gaston profitait de villégiatures bucoliques, histoire de s’écarter un peu de Paris et de sa plus ou moins Belle Epoque. Cela se passait à la toute fin du XIXe siècle, je dirais pendant une dizaine d’années de 1895 à 1905. Dans la seule biographie consacrée à l’auteur ses villégiatures villermorinoises, à partir de 1898, sont bien évoquées. Une mise au vert qui aurait été provoquée par un désaccord entre le reporter et le rédacteur en chef du MATIN, dans le traitement de l’affaire Dreyfus. Gaston serait venu se ressourcer à la campagne, au contact d’amis artistes et peut-être bien aussi d’une certaine société parisienne aux mœurs parfois légères. C’est aussi là, à Villiers qu’il aurait découvert le plaisir de la pêche dans le Grand Morin et dans la Marne parfois, à Esbly. Cette activité ne fournissait pas à l’écrivain son comptant de petite friture. Il n’excellait pas vraiment dans cet art, cependant il y prenait un réel plaisir, même et surtout, quand « ça ne mordait pas » ! Cela donnait tout de même de bons résultats, témoin cet extrait d’un article (véritable Ode à notre vallée) paru à la UNE du Quotidien le Matin : «Ça ne mord pas. Qu’y puis-je ? Je m’en console et ne me décourage point pour si peu. Voilà cinq années que je pêche en ce pays, et cinq années que ça ne mord pas. On dit pourtant qu’il y a beaucoup de poissons à Villiers-sur-Morin. On dit même qu’on en prend. Ce doit être un bien curieux spectacle. J’ai rarement eu l’heure d’y assister. C’est peut-être que, n’aimant point exclusivement la pêche pour la friture, mes yeux sont occupés ailleurs : par exemple, à voir s’allonger l’ombre des peupliers, quand descend le soir, ou s’éclairer, dans la courte plaine, les chignons d’or des petites futaies, quand monte le matin . Ne croyez pas non plus que Gaston ne faisait que dans la poésie légère, bien au contraire il s’intéressait aux gens (aux chasseurs, aux pêcheurs, au bedeau de Villiers, au patron de la diligence, à son conducteur, aux employés du chemin de fer, aux bateliers …), à l’actualité (l’arrivée du chemin de fer à Crécy, le voyage en diligence de Crécy à Esbly, à sa disparition, à la navigation sur le Grand Morin, aux projets de construction d’écluses, ). En plus d’écrire, il organisa des manifestations sportives comme le grand prix cycliste des journalistes de la presse parisienne, entre Paris et Villiers sur Morin. La vallée du Grand Morin est ainsi présente dans la grande presse, mais la vallée va aussi s’inviter dans les romans de l’écrivain. Il s’agit de romans figurant parmi les premiers, publiés par le journaliste alors qu’il devenait écrivain, après s’être essayé à l’écriture de pièces de théâtre. C‘était justement au moment où Gaston fréquentait régulièrement notre région. Quoi de plus naturel pour un journaliste de basculer vers l’écriture romanesque en écrivant des feuilletons, publiés dans des journaux. Le feuilleton était très prisé des lecteurs des journaux et pour bien écrire un roman-feuilleton, palpitant, vivant, pour s’attacher des lecteurs Gaston s’y entendait, lui qui maîtrisait l’art du reportage et du journalisme. C’est ainsi, par un feuilleton intitulé « Un homme de la nuit » que le journaliste commença sa carrière de romancier feuilletoniste. Ce fut bien entendu dans les colonnes du “Matin », en en décembre 1897. Quelques années plus tard, le feuilleton fut publié sous la forme d’un roman. Au-delà de l’histoire elle-même, cet ouvrage nous intéresse particulièrement par le décor de l’intrigue. De nombreuses scènes du roman se déroulent en effet du côté de Villiers sur Morin. Plus précisément sur Montaigu et dans le bois de Misère, un territoire éclaté sur les communes de Villiers, Coutevroult et St Germain et en partie rasé, disparu sous le viaduc de l’autoroute de l’est. Le bois s’étend de part et d’autre du « Ru de Misère » qui lui a sans doute donné son nom. A la fin du XIXe, Montaigu, en bordure du bois, est un lieu de refuge pour plusieurs artistes comme Albert Grenier que Gaston connaissait. C’est donc dans ce coin reculé de la vallée que Gaston implanta une “auberge rouge”, tenue par un certain JOE, personnage énigmatique, ancien esclave ayant fui les plantations du Sud américain. À côté de l’auberge, des villas de villégiature appartenant à des bourgeois parisiens, lieux calmes et isolés, idéaux pour le déroulement d’un thriller en terre de Brie. Si une grande partie du roman se déroule dans la Capitale, d’autres scènes nous conduisent dans notre coin de vallée, au beau milieu du bois de Misère. Dans le roman, commencé aux USA, deux clans s’installent dans deux de ces villas de villégiatures, nichées dans le bois. L’homme "de la nuit", va tenter d’y assouvir une vengeance. Une autre bâtisse apparaît, c’est l’Auberge Rouge, tenue par JOE, un ancien esclave aux muscles saillants, complice de l’Homme de la nuit. L’auberge semble située plutôt en contrebas des villas, mais au-dessus de la Picardie. Nous avons imaginé avec un lecteur complice que l’Auberge Rouge aurait pu correspondre à une des maisons du hameau de Montaigu. En effet, dans ce village, plusieurs maisons présentent aujourd’hui encore des façades tirant vers le rouge ou le rose. L’Auberge Rouge a peut-être été inspirée par la maison d’Albert Grenier, située à la sortie ouest de Montaigu, ornée d’un très beau cadran solaire ? La question se pose aujourd’hui, ces villas ainsi que l’auberge ont-elles vraiment existé ? Sont-elles encore là ? Ont-elles disparu sous le viaduc de l’autoroute, étaient-elles le seul fruit de la seule imagination de Gaston Leroux. ? Un bon conseil, lisez le livre, puis rendez-vous sur place pour vous faire votre propre idée." J. NAVARRE


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